Evolution, adaptation et gouvernance des écosystèmes continentaux et côtiers 

Coralie Picoche, Ingénieure en calcul scientifique de la chaire d’écologie intégrative du LabEx COTE

Coralie Picoche, Ingénieure en calcul scientifique de la chaire d’écologie intégrative du LabEx COTE

Coralie est depuis début septembre 2015 l’une des deux ingénieurs de la chaire d’écologie intégrative du LabEx COTE. Son rôle ? Etre à l’écoute des besoins techniques des chercheurs et travailler sur des modèles les plus intégratifs possibles entre les différents écosystèmes et compartiments étudiés.

Ingénieure en bio-modélisation de l’INSA [1] de Lyon, sa formation initiale est centrée sur l’organisme, la génétique, les gènes. « J’étais un peu frustrée de m’arrêter à ce niveau-là et avais envie de voir un niveau d’organisation supérieur » explique Coralie Picoche. Elle fait le choix de changer d’échelle en dernière année de formation en étudiant les écosystèmes en Finlande. Le choix de ses stages va aussi dans ce sens : travail de modélisation sur les réseaux trophiques à Berkeley puis sur des modèles couplés en agriculture à l’INRA [2], ce dernier projet incorporant une dimension environnementale qui la passionne. « J’aime l’idée d’une science appliquée, centrée sur les relations entre l’Homme et l’environnement, visant à diminuer les impacts anthropiques » décrit-elle.

Elle s’oriente ensuite vers le milieu marin et passe un an et demi à Ifremer [3], où elle effectue un travail sur la mytiliculture en Normandie. Le couplage, qui adapte et enrichit les modèles préexistants, est très complexe et intègre tout le fonctionnement de la côte, l’hydrobiogéochimie, l’écophysiologie de la moule, les pratiques culturales (densité de moules, date de mise en eau et de récolte), la variabilité climatique et des courants (porteurs de nourriture pour les moules). « L’objectif était d’aboutir à un modèle opérationnel pour les mytiliculteurs, leur permettant de savoir comment agir en fonction des données météo et de la teneur en chlorophylle dans l’eau » précise-t-elle. Le modèle doit aussi remplir un rôle d’aide la décision au niveau régional pour définir l’emplacement et le nombre idéal d’exploitations compte tenu de l’impact qu’elles peuvent avoir les unes sur les autres. A Ifremer, elle participe également à des collaborations internationales notamment avec la Norvège.

Suite à ce contrat, Coralie effectue de nouveau un saut tant dans l’espace que sur la thématique en passant un an au Cap à l’IRD [4] pour travailler sur les populations de thon dans l’Océan Indien. « Il s’agissait ici de réaliser un modèle couplé vraiment orienté sur une espèce, la problématique étant plutôt le calibrage du modèle » explique l’ingénieure. Elle y intègre des données de pêche : captures, fréquences de tailles, croissance et déplacement (pour les poissons marqués) pour le rendre plus précis. Avec derrière tout cela un enjeu humain : quelle quantité peut-on pêcher sans détruire cette population ?

« Parfois mon parcours peut sembler incohérent » concède-t-elle, mais il colle parfaitement à la philosophie du LabEx COTE en réunissant beaucoup d’écosystèmes différents. C’est ce qui  explique qu’elle ait flashé sur l’offre d’emploi transmise par d’anciens collègues d’Ifremer. « Cela me parait naturel de prendre en compte les interactions entre écosystèmes, c’est ce qui me fascine ; comment un processus dans un écosystème peut influencer le fonctionnement d’un autre écosystème » explique-t-elle enthousiaste. Ce côté intégratif est aussi le postulat de départ de la chaire. Son travail à COTE, elle le voit comme l’interface entre les questions des chercheurs de la chaire [5] et l’outil technique, avec des échanges permanents avec l’autre ingénieur [3]. « Nous pourrons utiliser les modèles qui ont été construits et voir de quelle façon les faire interagir ou développer des modèles plus spécifiques en s’inspirant de la connaissance déjà développée ici, cela dépendra du type de modèle qui intéresse les chercheurs de la chaire et des thématiques qu’ils veulent aborder » détaille-t-elle.

---

[1] Institut national des sciences appliquées

[2] Institut national de la recherche agronomique

[3] Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer

[4] Institut de recherche pour le développement

[5] Laure Carassou, chercheure en écologie intégrative et Frédéric Barraquand, chercheur en écologie évolutive de la chaire d’écologie intégrative du LabEx COTE, portraits disponibles sur le lien suivant : http://cote.labex.u-bordeaux.fr/Portraits/r159.html

[6] Christelle Aluome, ingénieure en base de données de la chaire d’écologie intégrative du LabEx COTE, portrait disponible sur le lien suivant : http://cote.labex.u-bordeaux.fr/Portraits/Christelle-Aluome-Ingenieur-d-etudes-en-bio-informatique-au-LabEx-COTE,i1592.html

Figure dans les rubriques
Portraits


HAUT