Evolution, adaptation et gouvernance des écosystèmes continentaux et côtiers 

Frédéric Barraquand, chercheur de la chaire d’écologie théorique intégrative du LabEx COTE

Frédéric Barraquand, chercheur de la chaire d’écologie théorique intégrative du LabEx COTE

Frédéric vient d’être recruté par le LabEx COTE en tant que chercheur en écologie évolutive. Il démarrera au 1er octobre 2015 au sein de la chaire d’écologie théorique intégrative qui a pour challenge de fournir un cadre conceptuel de l’analyse intégrative des écosystèmes et d’élaborer des approches innovantes qui pourront in fine aider à la décision publique en matière de gestion adaptative.

Ingénieur agronome de formation, il est très intéressé par la biologie et les maths. A AgroParisTech (Paris-Grignon), cette passion le pousse vers la génétique puis l’écologie. Il fait sa thèse au Centre d’études biologiques de Chizé, renommé pour ses études sur le terrain. Frédéric  y effectue surtout un travail théorique sur les stratégies d’utilisation de l’espace par les animaux et leur importance dans la modélisation théorique des interactions prédateurs-proies. « Pendant ma thèse, j’ai eu l’opportunité de séjourner régulièrement à Londres, à l’University College London » raconte le chercheur, des séjours qui lui ont été très profitables pour acquérir de nouvelles compétences théoriques et découvrir une nouvelle culture de la recherche.

Suite à sa thèse à Chizé, il part en post-doctorat tout au nord de la Norvège, au-delà du cercle polaire, à Tromsø. « J’ai vraiment adoré ce pays et la recherche là-bas » raconte-t-il enthousiaste, pour preuve, il y reste 4 ans dont deux ans et demi en tant que post-doc et le reste du temps comme enseignant chercheur contractuel. L’équipe qui l’accueille, Northern Populations and Ecosystems, rassemble théoriciens, statisticiens et chercheurs de terrain, ce qui lui permet, tout en travaillant sur la modélisation, de garder un lien étroit avec la récolte des données. L’équipe est aussi très intéressée par la gestion adaptative des écosystèmes. Il y étudie les fluctuations cycliques en abondance des petits mammifères et leurs impacts sur les écosystèmes terrestres. Il modélise notamment  l’effet des changements des dynamiques des petits herbivores, partiellement liés au climat,  sur les  prédateurs supérieurs. Ceci l’amène à développer plus généralement la théorie démographique et évolutive sur les effets de la variabilité environnementale. Il s’intéresse également aux effets indirects des petits mammifères sur les nombreux oiseaux nichant au sol dans les écosystèmes nordiques, des effets souvent positifs. En outre, il participe à plusieurs travaux de modélisation statistique de populations cycliques (des ravageurs des cultures et des forêts, campagnols et phalènes). « Ce qui m’intéresse particulièrement est de déterminer la part de variabilité dans la dynamique des populations qui peut être expliquée par les interactions écologiques, comme la prédation. C’est une question clé car la pertinence des approches de modélisation par réseaux trophiques ou écosystèmes pour la gestion, utilisées pour les pêcheries par exemple, est directement fonction de l’intensité du couplage dynamique entre les différentes espèces  » précise Frédéric Barraquand [1].

Son travail à COTE, il le voit comme une continuation de ces travaux théoriques et statistiques, en y ajoutant l’aspect interactions entre écosystèmes, mais sans se déconnecter de la réalité in situ. « J’ai développé des liens avec  des chercheurs de terrain qui travaillent dans des endroits variés (France, Norvège arctique, Groenland, sud de la Suède etc.).  A chaque fois, on découvre des détails empiriques importants auxquels on n’avait pas pensé.  De temps à autre, les résultats de la modélisation finissent par influencer en retour  la collecte de données, et c’est agréable de contribuer à faire avancer la recherche sur le terrain. Je suis donc très partant pour développer le même genre de collaborations dans le LabEx COTE » explique-t-il. Même si les deux chercheurs [2] n’intègrent la chaire d’écologie intégrative que le 1er octobre, ils échangent d’ores et déjà entre eux et avec les ingénieurs de l’équipe [3] concernant les données appropriées aux thèmes de recherche. L’intégration, il la voit aussi au travers de la multidisciplinarité, autre caractéristique du LabEx à avoir retenu son attention. « Au cours de ma thèse, dans une partie annexe à mon sujet principal, j’ai travaillé avec  un chercheur en économie sur des questions de conservation des espèces agricoles » avance le jeune chercheur, une démarche qu’il dit être prêt à réitérer avec plaisir. Il assure voir l’interdisciplinarité comme la clé pour développer des approches durables de conservation des écosystèmes.

---

[1] Pour connaître en détail toutes les questions de recherche dans lesquelles il est ou a été investi, consultez sa page internet ici : https://sites.google.com/site/fredbarraquand/home

[2] L’autre chercheuse est Laure Carassou, recrutée sur le poste d’écologie intégrative, portrait à lire sur le lien suivant : http://cote.labex.u-bordeaux.fr/Portraits/r159.html

[3] Christelle Alluome, ingénieur en base de données et Coralie Picoche, ingénieur en modélisation, leurs portraits disponibles sur ce lien : http://cote.labex.u-bordeaux.fr/Portraits/r159.html

Figure dans les rubriques
Portraits


HAUT