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Laure Carassou, chercheuse en écologie intégrative de la chaire d’écologie théorique intégrative du LabEx COTE

Laure Carassou, chercheuse en écologie intégrative de la chaire d’écologie théorique intégrative du LabEx COTE

Laure vient d’être recrutée par le LabEx COTE en tant que chercheur en écologie intégrative. Elle démarre au 1er octobre 2015 au sein de la chaire d’écologie théorique qui a pour challenge de fournir un cadre conceptuel de l’analyse intégrative des écosystèmes et d’élaborer des approches innovantes qui pourront in fine aider à la décision publique en matière de gestion adaptative.

Laure réalise sa thèse en nouvelle Calédonie à l’IRD [1], sur les premiers stades de vie des poissons, thèse qu’elle soutient à l’école pratique des hautes études de Perpignan. Elle enchaine ensuite sur un an de contrats locaux. D’abord avec l’aquarium de Nouméa afin de développer une méthode d’élevage des larves de poissons avec pour objectifs : la création d’un guide d’identification pour l’IRD et la reproduction d’espèces d’intérêt esthétique ou conservatoire pour l’aquarium. Elle est ensuite consultante à Ifrecor [2] et réalise la Synthèse globale et locale des relations entre pêches des poissons herbivores et résilience des récifs coralliens. Durant cette période, elle travaille en relation avec des chercheurs de disciplines assez diverses, notamment en sciences sociales et géographie sur des questions de pression de pêche sur les stocks de poissons. « J’ai beaucoup apprécié ce couplage sciences sociétés et j’ai hâte de recommencer cela au LabEx COTE » explique la chercheuse.

Son premier post-doc durera deux dans le sud des Etats-Unis au Dauphin Island Sea Lab. Elle y travaille sur l’ichtyoplancton et le zooplancton en analysant des données issues d’un programme d’échantillonnage multi annuel. Au menu : gestion de bases de données et analyse des couplages entre données faunistiques, environnementales et climatiques. En collaboration avec le ‘Alabama Department of Conservation and Natural Resources’ du gouvernement, elle analyse des bases de données sur le recrutement d’espèces commerciales dans le golfe du Mexique. Au moment de la marée noire en 2010, son activité dévie sur ce sujet et sur l’impact de la catastrophe sur la structure et l’assemblage des communautés de zooplancton.

En Afrique du sud à Rhodes University et au South African Institute for Aquatic Biodiversity (SAIAB), à Grahamstown [3], où elle restera un an et demi, ses travaux changent d’échelle. Elle s’intéresse à deux espèces de poissons migrant entre les milieux marins, côtiers et estuariens dans le système de la Kowie River, et étudie leur rôle en termes de connectivité entre écosystèmes aquatiques adjacents. Au niveau des méthodes de laboratoire, elle utilise alors les isotopes stables et les acides gras. « Ces méthodes sont très intéressantes et peuvent être transposées à d’autres milieux, il serait intéressant de les utiliser au sein du LabEx COTE » décrit-elle enthousiaste.

Le futur : le couplage de données de natures différentes

En prenant un poste d’Assistant Professor au sultanat d’Oman en 2013 [3], elle met fin à ses expériences de post-doctorat. Elle y effectue surtout de l’enseignement pour des étudiants en 1ère année de licence sur les sciences marines, les statistiques et la zoologie des vertébrés marins. Niveau recherche, elle utilise de nouveau les isotopes stables sur les poissons et étudie la structure trophique des communautés. Nouvelle corde à son arc, elle participe à l’organisation d’une grosse conférence internationale : 2nd International Conference on Fisheries, Aquaculture and Environment in the Indian Ocean, en tant que membre du comité organisateur et présidente du comité des inscriptions. «  C’était nouveau pour moi et cela représentait beaucoup de travail mais cela a été une très bonne expérience » confie Laure.

Son travail au sein du LabEx COTE ? Elle le voit comme une opportunité de se confronter à la thématique la plus ouverte possible. « Le couplage de données de nature différente est très intéressant, notamment entre écologie et sciences économiques et sociales, c’est le futur » appuie-t-elle. Cette approche est assez nouvelle, un gros travail de bibliographie attend les chercheurs pour connaître ce qui est fait ailleurs et quoi apporter de neuf. « Au départ, il s‘agira de formuler de nouvelles pistes de recherche permettant de synthétiser et intégrer un maximum des travaux réalisés au sein de COTE, au service d’une gestion raisonnée des écosystèmes. Il s’agit d’un challenge nouveau pour moi, mais fournissant un cadre très large et stimulant en terme intellectuel  » souligne-t-elle.

« La première étape sera de regarder le travail de synthèse des données existantes réalisé par l’ingénieure en base de données de la chaire [5], leur type et leur disponibilité pour savoir ce qui est réalisable, la priorité restant de coupler les données de sociologie, d’économie et d’écologie sur l’estuaire de la Gironde et le bassin d’Arcachon » poursuit la chercheuse. Son expérience de l’analyse de données de natures différentes lui sera ensuite très utile pour les standardiser, connaître les décisions à prendre et les compromis à faire pour les valoriser. L’autre piste principale est de travailler sur la connectivité entre habitats en couplant plusieurs méthodes : utilisation des données existantes ou nouvelles (isotopes stables), de modèles [6] et de la génétique. Le groupe incubateur, qui accompagne le montage de la chaire au sein du LabEx COTE, a lancé la piste des services écosystémiques, plus particulièrement au niveau de la biodiversité, de l’export de matière, des flux trophiques etc. « J’ai hâte de commencer et être confrontée aux sujets les plus ouverts que j’ai pu aborder » conclut-elle.

[1] Institut de recherche pour le développement

[2] Initiative française pour les récifs coralliens

[3] Rhodes University, Department of Zoology and Entomology, South Africa, Grahamstown

[4] Sultan Qaboos University, Department of Marine Science and Fisheries

[5] Christelle Aluome, recrutée fin 2013, vous pouvez lire son portrait sur le lien suivant : http://cote.labex.u-bordeaux.fr/Portraits/Christelle-Aluome-Ingenieure-en-bases-de-donnees-de-la-chaire-d-ecologie-integrative-du-LabEx-COTE,i1592.html

[6] Frédéric Barraquand, chercheur en écologie évolutive et Coralie Picoche, ingénieure en calcul scientifique, tous deux membres de la chaire, sont des spécialistes de la modélisation. Leur portrait sur le lien suivant : http://cote.labex.u-bordeaux.fr/Portraits/r159.html

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