Evolution, adaptation et gouvernance des écosystèmes continentaux et côtiers 

Soizic Morin, chargée de recherche à Irstea, animatrice scientifique du LabEx COTE

Crédit : Irstea - Alain Dutartre

Soizic Morin, chargée de recherche à Irstea[1], étudie les diatomées. Ces microalgues unicellulaires, présentes en quantité importante dans tous les milieux aquatiques, sont à la base des réseaux trophiques. « Il existe de nombreuses espèces de diatomées qui ont des préférences écologiques différentes. Leur étude permet d’avoir une évaluation assez sensible de l’état de santé de l’écosystème. Je travaille sur les impacts toxiques des contaminants au sens large, par exemple les pesticides ou les métaux, sur les différentes espèces de diatomées. Je recherche des marqueurs spécifiques, appelés biomarqueurs, des contaminations toxiques. »


[1] Dans l’équipe CARMA de l’unité REBX, http://www.irstea.fr/la-recherche/unites-de-recherche/rebx/equipe-carma

Son parcours ne la prédestinait pas à travailler sur les diatomées. C’est un stage en Australie, pendant son école d’ingénieur à l’ENITA Bordeaux[1], « avant tout pour l’expérience internationale » avoue Soizic, qui l’a conduite à se pencher sur le sujet. Elle contacte à son retour Michel Coste, directeur de recherche au Cemagref[2], et les diatomées deviennent sa spécialité. Soizic Morin reconnait que c’est un parcours atypique, « j’ai tout même des lacunes théoriques  mais l’aspect technique de ma formation et l’adaptabilité que l’on nous inculque m’ont aidée ! Aujourd’hui, je pense avoir une vision moins manichéenne, notamment concernant l’étude des impacts des pesticides. Comprendre les objectifs des agriculteurs, leurs contraintes, etc. me permet de relativiser à ce sujet. »

Les pesticides sont d’ailleurs au cœur du projet IMPACT dont Soizic est le porteur et qui a été sélectionné au premier appel à projets de recherche du LabEx COTE. « L’idée de diagnostiquer l’impact des toxiques impose de connaître l’influence des facteurs environnementaux qui peuvent être prépondérants », explique Soizic. IMPACT, projet en collaboration avec l’UMR EPOC[3] et Ifremer Nantes, a pour but de caractériser l’interaction entre la matière organique dissoute et les pesticides (partie coordonnée par Edith Parlanti - EPOC) pour avoir une idée de leur écotoxicologie sur les diatomées continentales (partie coordonnée par Soizic Morin - Irstea) et en milieu marin (partie coordonnée par Sabine Stachowski-Haberkorn - Ifremer). « Nous n’avions jamais travaillé ensemble, ce projet est très complémentaire et transversal et nous imaginons même  poursuivre cette collaboration au-delà notamment autour d’une extension de la partie chimie et matière organique dissoute de ce projet. »

Les collaborations entre membres des équipes partenaires du LabEx COTE ne s’arrêtent pas là. Soizic est également, avec Sabine Stachowski-Haberkorn d’Ifremer Nantes, membre de groupe d’animateurs scientifiques du LabEx. Elles animent notamment, aux côtés de Pierre Labadie (EPOC), le groupe de travail qui vient de se mettre en place suite au premier séminaire sur les pesticides. Soizic Morin voit son rôle d’animatrice comme une interface entre sa communauté scientifique et le LabEx COTE. « Nous devons tous ensemble aider à identifier les attentes de nos communautés qui pourraient être communes et fédératrices pour COTE » conclut Soizic.


[1] Devenue Bordeaux Sciences Agro

[2] Devenu Irstea

[3] CNRS – Université Bordeaux 1

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