Evolution, adaptation et gouvernance des écosystèmes continentaux et côtiers 

Valentin Dupraz, doctorant co-encadré par deux équipes du LabEx COTE

Valentin Dupraz, doctorant co-encadré par deux équipes du LabEx COTE

Valentin Dupraz est en première année de thèse à l'Ifremer de Nantes et l'UMR EPOC dans le cadre du projet Phytocote

Valentin a fait une première année de médecine, « car je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire, mais j’étais intéressé par les sciences et plus particulièrement par la biologie » avoue-t-il. Et il change rapidement de voie pour se tourner vers la biologie et l’écologie, en licence à l’Université de Savoie-Mont-Blanc Technolac (Le Bourget-du-Lac). Le milieu marin l’intéressant particulièrement, et ayant envie de découvrir une nouvelle université, Valentin se dirige vers Nantes et le master biologie de l’environnement pour la suite de ses études. Le doctorant réalise son stage de M2 à l’Ifremer à Nantes avec Sabine Stachowski-Haberkorn, il travaille sur l’impact des pesticides sur les microalgues.

Il débute sa thèse en octobre 2015, après avoir obtenu une bourse de thèse au concours de l’école doctorale VENAM de l’Université de Nantes sur le sujet : « Utilisation d’extraits d’échantillonneurs passifs de type POCIS pour l’étude des effets toxiques de pesticides sur micro-algues et bivalves, de leur transfert trophique et des effets associés ». Sa thèse possède trois composantes, et trois encadrantes : Sabine Stachowski-Haberkorn pour la composante « microalgues », Farida Akcha pour la composante « huîtres », elles sont toutes les deux dans le laboratoire d’écotoxicologie dirigé par Farida Akcha, appartenant à l’unité BE(1) à l’Ifremer de Nantes, et Hélène Budzinski pour l’analyse chimique dans l’équipe LPTC(2) de l’UMR EPOC(3).

Ce sujet de thèse s’inscrit dans le projet PhytoCOTE. Valentin va chercher à caractériser la contamination chimique issue de la viticulture dans une zone étude : un bassin-versant situé sur la commune de Marcillac en Gironde, dans la région naturelle du Blayais. Dans un premier temps, il va caractériser la contamination chimique des cours d’eau de la zone d’étude via les échantillonneurs passifs de type POCIS. Puis, il va tester les effets de cette contamination sur deux modèles biologiques choisis pour leur importance en aquaculture. Les deux modèles biologiques utilisés sont la larve d’huître et deux espèces de microalgues qui sont la source de nourriture principale des larves d’huître. Et, enfin, il va « tester les effets associés au transfert trophique de pesticides, c’est à dire savoir s’il y a un transfert de toxicité des pesticides entre les producteurs primaires que sont les microalgues dans son cas, vers les consommateurs primaires qui sont les huîtres ».

Ce que Valentin aime avec le projet PhytoCOTE c’est sa pluridisciplinarité. « C’est vraiment la bonne façon d’aborder la problématique des pesticides, en intégrant à la fois des mesures renseignant sur la contamination par les pesticides dans l’air, le sol et l’eau, mais également les impacts et la toxicité sur l’environnement et la santé humaine. La prise en compte des aspects socio-économiques, notamment l’impact des changements des pratiques agricoles complète parfaitement ce projet multidisciplinaire ». Dans le cadre de sa thèse, Valentin est basé à l’Ifremer de Nantes, et vient régulièrement à Bordeaux, sur le site atelier du projet et au LPTC. PhytoCOTE comportant 3 thèses et 3 post-docs dans des disciplines très différentes (économie, agronomie, biologie chimie, etc.), les interactions pluridisciplinaires ne manqueront pas tout au long de sa thèse.

Bourse de mobilité COTE

Dans le cadre d’une bourse de mobilité accordée par le LabEx COTE, Valentin est parti à Copenhague au Danemark en août 2016 pour 3 mois, dans le laboratoire de Chimie Environnementale de l’Université de Copenhague, dirigé par Nina Cedergreen,  qui a une forte expertise sur les modèles de prédiction de la toxicité des pesticides en mélange. Ces modèles ont pour but d’évaluer la nature des interactions (synergisme, additivité, antagonisme) pouvant avoir lieu entre les pesticides, chose qui est à l’heure actuelle encore trop peu prise en compte. « C’est très important pour mon projet de recherche car je vais travailler sur des extraits issus de la zone d’étude, comportant donc un mélange complexe de molécules et dont le but sera d’identifier les molécules/interactions les plus dangereuses pour l’environnement ». Actuellement la plupart des tests de toxicité standards ne prennent pas en compte les interactions potentielles entre les molécules pouvant parfois multiplier la toxicité de certaines d’entre elles.

« Ces modèles sont compliqués à mettre en place, mais c’est là tout l’enjeu car dans l’environnement les molécules ne sont jamais seules et interagissent entre elles » conclut Valentin.

(1) Unité Biogéochimie et Ecotoxicologie (BE)

(2) Laboratoire de Physico- et Toxico-Chimie de l'environnement (LPTC)

(3) UMR CNRS 5805 EPOC Environnements et Paléoenvironnements Océaniques et Continentaux

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