Université de Bordeaux
LabEx COTECluster of Excellence
Cluster of excellence

Betty Chaumet, Doctorante à Irstea

Betty Chaumet, Doctorante à Irstea
© Grégory Lambert

Betty savait depuis plusieurs années ce qu'elle voulait faire, c'était une évidence pour elle de débuter avec une licence de chimie, suivie d'un master écotoxicologie et chimie de l'environnement à l'université de Bordeaux.
Elle fait maintenant sa thèse à Irstea sur le terrain de PhytoCOTE à Marcillac, elle s'intitule : « L'étude des transferts et de la distribution des pesticides dans les biofilms en lien avec les effets toxiques associés ».
« Pour poser le décor de ma thèse, dans l'environnement, on retrouve des pesticides, notamment dans le milieu aquatique, ils peuvent avoir des effets sur certains organismes, comme les biofilms. » nous dit Betty.
Un biofilm est un ensemble de microorganismes, bactéries, champignons et microalgues, englué dans une matrice avec des substances polymériques extracellulaires.
L'objectif de sa thèse est de comprendre ce qu'il va se passer entre le moment où des pesticides sont trouvés dans l'eau, et le moment où des effets seront observés. « L'idée, c'est de connaitre la vitesse d'accumulation, comment et où est-ce qu'ils vont s'accumuler dans les biofilms ? » nous dit-elle.
Le biofilm est le premier maillon de la chaine trophique dans le milieu aquatique, Betty étudie la bioaccumulation pour comprendre l'impact éventuel sur les autres maillons de la chaine trophique.
Sur le bassin versant de Marcillac dans le blayais, elle quantifie les pesticides dans le biofilm. Elle s'est servie du Diuron, qui est un herbicide inhibant la photosynthèse, en tant que molécule modèle durant sa thèse.
Le biofilm est un matériel qui intègre la contamination sur un certain temps, par exemple celui récupérer sur le terrain de PhytoCOTE, aura accumulé toute la contamination qu'il aura rencontré pendant quatre semaines d'exposition, et de colonisation. « Ça nous donne un aperçu du type de contamination au cours de l'année, et ce que le biofilm va accumuler. On travaille en collaboration avec le LPTC pour comparer nos résultats avec les concentrations retrouvées dans l'eau ». nous dit-elle.
« J'aime bien comprendre comment fonctionne les choses, L'idée derrière ma thèse en écotoxicologie, c'est de comprendre d'un point de vue chimique et d'un point de vue biologique ce qu'il se passe dans le milieu aquatique ».
L'objectif de sa thèse était de caractériser les mécanismes de distribution et de transfert dans le biofilm. Une des difficultés étant qu'un biofilm est composé de beaucoup d'organismes différents, avec des glucides, des protéines et de l'ADN. « Pour répondre à cet objectif, j'ai développé une méthodologie permettant d'extraire d'un côté les microorganismes et de l'autre la matrice extracellulaire ».
Cette méthode a permis de caractériser la distribution des pesticides, en déterminant ce qui est présent dans la matrice extracellulaire et ce que les organismes ont accumulé. Betty a pu déterminer la distribution des pesticides en fonction du temps, la vitesse d'adsorption et aussi les effets toxiques sur les microorganismes.
Une fois la méthode de caractérisation au point, elle a testé l'influence de différents paramètres environnementaux comme la température, l'ensoleillement et le courant.
Sur le terrain de Marcillac du projet PhytoCOTE, le biofilm peut accumuler beaucoup de pesticides, en fonction des différentes saisons et des périodes d'épandages. Betty s'est concentrée sur le diuron afin de développer un modèle simple, et ainsi avoir une idée du fonctionnement de la bioaccumulation avec une seule molécule et comme but final, atteindre les conditions environnementales.
« Avec toutes les données, j'ai pu créer un modèle prévisionnel. Il permet d'utiliser la concentration en diuron dans le biofilm, pour déterminer sa concentration dans l'eau ».



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