Université de Bordeaux
LabEx COTECluster of Excellence
Cluster of excellence

LUCAS

Processus responsables de l’impact des forêts tempérées sur la formation de nuages convectifs.  © Extrait de Teuling et al., 2017Processus responsables de l’impact des forêts tempérées sur la formation de nuages convectifs. © Extrait de Teuling et al., 2017

Le projet LUCAS (Land use, regional climate and atmospheric chemistry: the impact of forested surfaces on cloud enhancement and air quality in south-west France) porté par Yves Brunet (ISPA) a obtenu son financement après un suivi par le comité scientifique du LabEx COTE. Il débutera en 2019 pour une durée de 3 ans et rassemble des chercheurs de l'UMR EPOC et de l'UR ETBX (Irstea Bordeaux).

Les écosystèmes continentaux, notamment les surfaces boisées, contribuent significativement à la régulation du cycle hydrologique en agissant sur les flux atmosphériques de chaleur et d’humidité, la formation des nuages convectifs et la distribution des précipitations. Ces effets ont été largement étudiés aux échelles continentale et globale et des exercices de simulation numérique ont permis de préciser comment des changements d’occupation des sols (déforestation en Amazonie par exemple) pouvaient affecter les flux d’humidité et d’espèces chimiques, les régimes de précipitations, le cycle hydrologique, le bilan de carbone, la température du globe, etc. On sait aussi que ces effets peuvent s’exercer à plus fine échelle (régionale, subrégionale, 1 – 200 km typiquement), mais dans une mesure qui reste encore largement méconnue car les processus en jeu reflètent de nombreuses et complexes interactions entre albedo, rugosité aérodynamique, flux d’évaporation, émission de particules et de composés organiques volatils, formation des noyaux de condensation, etc. Les faits sont pourtant là : une étude récente (Teuling et al., 2017, Nature Comm.) a montré que des massifs forestiers tempérés comme les forêts des Landes et de Sologne favorisent, dans certaines conditions, l’ennuagement ; et que la tempête Klaus de 2009, qui a conduit à une chute brutale de la fraction de surface boisée dans les Landes, a entraîné une baisse durable de l’ennuagement pendant les années suivantes.

Il est particulièrement important de considérer ces échelles fines, car les politiques publiques et le contexte socio-économique sont ainsi, via des changements d’occupation et d’utilisation des terres, susceptibles d’affecter le climat local et régional.Dans ce contexte, l’objectif du projet LUCAS est de contribuer à une meilleure compréhension de l’impact sur la formation des nuages et la qualité de l’air des changements d’utilisation des terres modifiant la nature et l’extension des surfaces forestières.

Le projet se concentrera sur la région de la forêt des Landes. Trois grandes actions seront menées : (1) la définition de scénarios socio-économiques entraînant à moyen et long terme des changements possibles ou probables d’utilisation des terres à l’échelle régionale (étendue des surfaces boisées, fragmentation du paysage, développement de l’urbanisation, implantation de fermes solaires…) ; (2) le développement d’un système de modélisation capable de simuler à l’échelle de la région sud-ouest, et à forte résolution spatiale, les effets de l’occupation des sols sur la formation des nuages et la qualité de l’air; (3) l’étude de l’impact des changements d’occupation et d’utilisation des terres dus (a) à la tempête Klaus de 2009 et (b) aux scénarios socio-économiques mentionnés plus haut.

L’objectif à long terme de LUCAS est de fournir des éléments d’information, fondés sur des données scientifiques, permettant d’aider les pouvoirs publics à élaborer des politiques de gestion durable des terres.

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