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Bruno Suter, ingénieur transfert et valorisation entre EGFV et SOVIVINS

Bruno Suter, ingénieur transfert et valorisation entre EGFV et SOVIVINS
© Bruno Suter

Originaire des Pays-Bas, c’est en parcourant les vignobles français que Bruno Suter a découvert sa passion pour la viticulture. Suite à ses études en agronomie à l’université de Wageningue et avoir fait un semestre en tant qu'exchange student au sein du Master of Business and Science in Vineyard & Winery Management à Bordeaux Science Agro, Bruno Suter a été recruté en tant qu’ingénieur transfert au sein de l’UMR EGFV, pour le projet « ClimWaterModel », un projet mené en partenariat avec la société de conseil en viticulture et œnologie SOVIVINS et sélectionné dans le cadre du volet transfert et valorisation du LabEx COTE.


D’après les dernières données reportées par l’International Panel on Climate Change (IPCC 2014) [1], la température globale moyenne a subi une augmentation de 0,85 °C entre 1880 et 2012. Dans ce contexte, chercheurs et producteurs se demandent quel sera l’impact de l’augmentation des températures et l’intensification des épisodes de sécheresse sur les cultures pérennes, comme la vigne. Dans son projet, Bruno met en place un modèle pour caractériser et anticiper l’état hydrique d’un vignoble permettant d'accompagner les producteurs dans leur conduite de la vigne.

Ce modèle permettra une mesure plus performante de l’état hydrique de la vigne à travers la caractérisation du potentiel de tige. Mesuré à l’aide d’une chambre à pression, le potentiel de tige renseigne sur la capacité d’une plante à conduire l’eau du sol à l’atmosphère. Bruno précise que les mesures actuelles du potentiel de tige sont difficiles à interpréter, en effet elles ne permettent pas d’identifier si la perte d’eau observée dans une plante est due aux conditions climatiques (très fluctuantes d’un jour à l’autre) comme la sècheresse ou à une diminution de la quantité d’eau disponible dans le sol (qui varie progressivement au cours de l’année). L’enjeu à terme est de doter les producteurs d’un outil d’aide à la décision pour la conduite d’une parcelle en fonction de son passé mais également dans un contexte de changement climatique.

« La mesure du potentiel de tige est un outil important qui est utilisé par SOVIVINS pour conseiller les producteurs. Apporter une meilleure interprétation de sa valeur, à l’aide d’un modèle, permettra aux viticulteurs d’adapter leur conduite de la vigne au cours de l’année. Mais aussi de comprendre les différences entre deux millésimes. Cela permettra également de donner des conseils à long terme, en cas de replantation par exemple. »

De juin à mi-septembre, Bruno était sur le terrain pour mesurer les potentiels de tige sur plusieurs parcelles viticoles. En effet, la mise en place d’un modèle nécessite la collecte de nombreuses données.  « Nous avons sélectionné des parcelles avec différents comportements mais aussi avec des types de sols et cépages différents. Au total, j’ai travaillé sur 7 types de sols avec différents niveaux de contrainte hydrique. »

Pour faire les mesures de potentiel de tige et définir si la contrainte hydrique mesurée est causée par les conditions climatiques ou par la quantité d’eau disponible dans le sol, Bruno était à la recherche de couples de journées avec les caractéristiques suivantes : une journée sèche et chaude suivie d’une journée plus froide. « On estime qu’entre deux jours la disponibilité d’eau dans le sol n’a pas changé, nous permettant de mettre en évidence l’effet du climat. J’ai également effectué des mesures la nuit, où l’effet du climat est quasiment nul, me permettant d’avoir une bonne représentation de la quantité d’eau disponible dans le sol. »

Maintenant que la collecte des données est terminée, Bruno doit passer à la phase d’interprétation des résultats. « J’ai eu beaucoup de chance car les conditions climatiques m’ont permis de faire de nombreuses mesures et d’acquérir le double de données que ce que j’avais envisagé. C’est super, car plus on a de données, plus le modèle sera fiable. » Pour la deuxième phase du projet, Bruno va devoir analyser ses résultats et collaborer avec les modélisateurs de l’UMR EGFV et de l’UMR ISPA pour brainstormer et commencer la mise en place du modèle.

« J’aime ce rôle qui est à l’interface entre la recherche et les acteurs. Ce que je trouve également très intéressant dans ce projet, c’est que l’approche que nous développons pourrait également s’adapter à d’autres types de cultures, comme l’arboriculture. D’un point de vue plus personnel, cela me permet d’être au cœur de l’action et d’en apprendre plus sur la viticulture. Cela m’intéresse énormément puisque j’ai moi-même pour projet d’installer un vignoble au Pays-Bas. »

> ClimWaterModel sera présenté lors de l’assemblée générale du LabEx COTE le 11 janvier 2019

[1] IPCC Climate change 2014 "Mitigation of Climate ChangeSummary for Policymakersand Technical Summary"



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