Evolution, adaptation et gouvernance des écosystèmes continentaux et côtiers 

Maximilien Larter, doctorant au sein de l’UMR BioGeCo [1], bénéficiaire d’une bourse de mobilité COTE

Maximilien Larter, doctorant au sein de l’UMR BioGeCo [1], bénéficiaire d’une bourse de mobilité COTE

Maximilien étudie l’histoire évolutive des conifères et leur résistance à la cavitation, phénomène se produisant en cas de sécheresse et se caractérisant par l’apparition de bulles d’air dans les vaisseaux (xylème), pouvant aboutir à la mort de l’arbre. Il utilise différents modèles évolutifs et essaie de formaliser la vitesse à laquelle certains groupes à l’intérieur de conifères ont évolué en matière de résistance à la sécheresse. Une bourse de mobilité du LabEx COTE lui a permis de monter une campagne de terrain en Australie, décisive pour sa thèse.

Il acquiert les données sur la cavitation sur un groupe particulier de conifères, les Callitris, qui regroupe entre 20 et 25 espèces. De la même famille que les cyprès, on les retrouve dans  l’hémisphère sud, uniquement en Australie et Nouvelle-Calédonie. « L’intérêt de ce groupe est qu’on y retrouve des espèces de milieux très humides et des espèces dont certaines avaient déjà été identifiées comme très résistantes à la sécheresse ». Cette évolution, sur une échelle de temps plutôt restreinte, est très intéressante.

Illustrons cela par un exemple. Dans le groupe des Callitris, on trouve en Nouvelle Calédonie des valeurs allant de - 4 MPa à - 19 MPa [2] pour les plus extrême [3], pour comparaison, au sein de la famille des pins les valeurs vont seulement de  - 3 MPa à - 5 MPa.

La bourse de mobilité du LabEx COTE, élément facilitateur

Pour avoir les valeurs de résistance à la cavitation de tout le groupe Callitris, il manquait 8 ou 9 espèces clés à Maximilien. La bourse de mobilité du LabEx COTE lui a permis d’organiser une campagne de terrain en Australie l’été dernier, en coopération avec l’université de Western Sydney afin d’échantillonner ces espèces, seulement présentes dans ce pays. Sa mobilité a duré 2 mois à travers l’Australie méridionale et l’Australie occidentale accompagné par une thésarde locale. Une des espèces échantillonnées, Callitris tuberculata s’est avérée être la plante la plus résistante à la cavitation étudiée à ce jour. Ce record du monde fait l’objet d’une publication parue en mai [4]. « Une autre espèce, échantillonnée dans le même secteur aurait pu détenir le record du monde, preuve de la grande résistance des Callitris ».

Enrichissement personnel et perspectives d’avenir

« Le LabEx m’a attribué une bourse de mobilité de 3000 euros, ce qui a financé les billets d’avion aller-retour et les vols intérieurs » explique le doctorant. Ce financement a été complété par une bourse de l’université de Western Sydney d’une valeur de 5000 $, s’apparentant à une bourse de mobilité entrante du LabEx COTE, qui a permis de financer l’hébergement là-bas, la location de la voiture, etc.

« Au niveau personnel j’ai toujours voulu aller en Australie. J’ai pu découvrir une nouvelle culture, un nouveau mode de vie, plonger sur la grande barrière de corail… » sourit le doctorant rêveur. Il ajoute, de nouveau sérieux : « il y a encore beaucoup de choses à explorer sur ces espèces, présentes dans toute l’Australie dans des milieux très différents. Il faudrait étudier leur variabilité génétique, la plasticité, etc. Il faudrait aussi séquencer l’ADN pour déterminer avec certitude la limite entre les espèces ». De quoi nourrir de nouvelles collaboration ou un futur postdoc ?

---

[1] Biodiversité Gènes et Communautés

[2] La résistance à la cavitation se mesure en Méga Pascal (MPa), plus la plante est résistante, plus la valeur est négative

[3] Pour mesurer la résistance à la cavitation d’espèces aussi résistantes, le cavitron © (une centrifugeuse modifiée pour mesurer cette donnée) a eu besoin d’être renforcée, car son plateau ne tenait pas le choc. Pour en savoir plus sur le procédé et le matériel : http://sylvain-delzon.com/?page_id=536

[4] Larter M., Brodribb J., Pfautsch S., Burlett R., Cochard H., Delzon S., 2015, Extreme aridity pushes trees to their physical limits, Plant Physiology.

Figure dans les rubriques
Portraits


HAUT