Université de Bordeaux
LabEx COTECluster of Excellence
Cluster of excellence

Pierre Labadie, Chargé de recherche CNRS dans l'UMR EPOC, Animateur scientifique du LabEx COTE

Crédit : LabEx COTE

Pierre Labadie est chimiste. Il s’intéresse aux POPs (polluants organiques persistants), des molécules de synthèses, introduites par l’Homme, dont on connait parfois mal l’écodynamique. « Ces composés organiques sont très persistants, on en trouve jusque dans l’Arctique alors qu’il n’y a pas de source de contamination là-bas.  Les processus auxquels nous nous intéressons à l’échelle locale ou régionale contribuent à mieux comprendre leur dynamique globale. »

C’est au cours de son cursus en école d’ingénieur (CPE Lyon) que Pierre Labadie développe son goût pour la chimie de l’environnement. « La particularité de cette école est que l’on peut faire une année de césure entre la 4ème et la 5ème année d’études. J’ai donc décidé de sortir du cadre de la chimie industrielle pour aller faire des stages académiques dans des laboratoires d’océanographie au Pays de Galles et en Nouvelle Zélande. » Il couple ensuite sa dernière année d’école d’ingénieur avec un DEA en Sciences et stratégies analytiques à l’Université Claude Bernard Lyon 1. Après un passage en stage au Cemagref[2], il arrive en 2001 au LPTC[3] où il fait une thèse sur les stéroïdes hormonaux dans les milieux aquatiques. Un séjour postdoctoral à l’Université du Sussex plus tard, il est recruté comme chargé de recherche au CNRS à Paris en 2007 puis intègre EPOC fin 2010, où il poursuit ses travaux à l’interface entre chimie de l’environnement et écotoxicologie.

 Et les sujets à l’interface et l’interdisciplinarité ne sont pas sans déplaire à Pierre. En effet, il voit dans le LabEx COTE une sorte d’incubateur permettant d’accélérer le démarrage de projets dans cet axe. « Nous avons lancé cette année un premier projet avec l’équipe EPBX d’Irstea pour conjuguer nos compétences en chimie de l’environnement et en écologie. Le but serait, à terme, de modéliser le transfert trophique des contaminants halogénés d’intérêt émergent (utilisés depuis longtemps mais considérés comme contaminants depuis moins d’une dizaine d’années) dans l’estuaire de la Gironde. Le contexte de COTE me semble favorable à un approfondissement de cette collaboration dans un futur proche, en incluant si possible d’autres équipes du LabEx. »

Le LabEx est également un facilitateur pour favoriser les interactions avec les sciences sociales. « J’imagine bien une collaboration autour de l’interdiction de la pêche et de la consommation de certains poissons, anguilles ou aloses feintes, par exemple, liée à la contamination de ces dernières par les polychlorobiphényles (PCB).  Mais, selon lui, une des étapes primordiale avant de se lancer dans ce type de projet est d’apprendre à se connaitre. « Je fais partie du groupe d’animation scientifique du LabEx et l’une de nos missions à court terme est de faire en sorte que les partenaires de COTE se connaissent mieux, les séminaires que nous organisons à partir du mois de novembre sont dans cet esprit. Nous souhaitons savoir qui fait quoi, grâce aux présentations et aux débats mais aussi autour de moments plus informels propices aux échanges. Il ne suffit pas toujours d’avoir un tableau et un nom pour savoir ce que les autres font et ce que nous pourrions nous apporter mutuellement, ce sont les rencontres en chair et en os qui font que les collaborations peuvent se concrétiser ! ».


[1] Devenir d’une molécule dans le milieu.

[2] Devenu Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture)

[3] Laboratoire de Physico- et Toxico-Chimie de l'Environnement, aujourd’hui membre de l’UMR EPOC (CNRS – Université Bordeaux 1)

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