Université de Bordeaux
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Geoffroy Duporté, Post-doc dans le cadre du projet CANEPA

Geoffroy Duporté, Post-doc dans le cadre du projet CANEPA
Geoffroy Duporté

Geoffroy est arrivé en 2017 au sein de l'équipe LPTC pour réaliser un post-doc dans le cadre du projet inter-LabEx CANEPA

C’est au cours de sa licence « Physique-Chimie » réalisée à l’université de Bordeaux et plus particulièrement lors des cours de chimie environnementale que Geoffroy Duporté découvre son intérêt pour la chimie. C’est ce qui le décide à suivre le Master « Qualité et chimie de l’environnement » (aujourd’hui EXCE) plutôt que de tenter le CAPES. Il était vraiment dans ce qu’il aimait : la chimie analytique et la chimie de l’environnement.

A la fin de son M2 il obtient une bourse au mérite, qui le décide à faire une thèse avec monitorat car il a toujours aimé l’enseignement. Il effectue sa thèse au LPTC (Laboratoire de Physico et Toxico Chimie de l’environnement) à l’UMR EPOC, sous la direction d’Emilie Perraudin et d’Eric Villenave, dont l’intitulé était : « Formation et devenir de l’aérosol organique secondaire : étude expérimentale de formation d’organosulfates à l’interface gaz-particules ». Il a soutenu sa thèse en décembre 2014.

Suite à sa thèse Geoffroy est parti 2 ans à l’étranger pour un post-doc dans un laboratoire de chimie analytique à l’Université d’Helsinki supervisé par Marja-Liisa Riekkola. Le post-doc nous dit : « J’étais content, j’avais à la fois un volet atmosphère et un volet chimie analytique dans un centre d’excellence de recherche en science atmosphérique ».

Depuis 2017, Geoffroy est en post-doc au LPTC dans le cadre du projet Inter-LabEx CANEPA. Le projet CANEPA (CANcer et Expositions aux Pesticides Agricoles : de la compréhension des pratiques à la prévention des cancers) est un projet développé par le LabEx COTE et le SIRIC BRIO (Sites de Recherche Intégrée en cancérologie : Bordeaux Recherche Intégrée Oncologie) permettant d’associer l’expertise et les moyens humains des équipes autour de la question des expositions aux pesticides en agriculture, ici la pomiculture. Cette approche santé-environnement a pour objectif d’étudier l’exposition professionnelle des agriculteurs aux pesticides mais également de mieux comprendre ces sources d’exposition.

 « Le projet me plait pour l’approche associant les produits phytosanitaires, des missions de terrain et beaucoup de développement analytique. De plus, c’est surtout ce lien santé-environnement qui me motive : le fait de me dire que la recherche qui est menée pourrait éventuellement permettre de réduire l’impact sur la santé des agriculteurs. »

C’est un projet pluridisciplinaire co-porté par EPICENE, le LPTC et ETBX. Il comprend trois volets : santé, exposition du travailleur et environnement.

- L’équipe EPICENE (SIRIC BRIO) porte le volet qui vise à déterminer l’exposition professionnelle des pomiculteurs aux produits phytosanitaires et plus particulièrement au captane et au dithianon qui sont les deux molécules les plus utilisées pour lutter contre la tavelure des pommes. Pour cela, des patches sont posés au contact de la peau des travailleurs qui doivent également porter des gants. Ensuite ces éléments sont analysés afin de recueillir les expositions cutanées des travailleurs en condition normale de travail à différentes périodes de la saison. En plus, lors des journées terrain les scientifiques suivent les travailleurs et les filment dans le but d’effectuer une analyse ergonomique. Les chercheurs ont déjà réalisé plus de 150 journées d’observation et récolté environ 3300 patches et 500 gants.
 - L’équipe LPTC (EPOC) s’intéresse à l’origine des expositions et à l’impact environnemental à l’aide de prélèvements atmosphériques, de sols, d’eau, de frottis sur le matériel, sur les fruits et les feuilles. Les chercheurs, dont Geoffroy, suivent la saison complète de la culture de la pomme. Des prélèvements avant les premiers traitements sont effectués. Les journées de traitement sont particulièrement bien étudiées avec des prélèvements lors des différentes étapes : pesée des pesticides, préparation de la cuve, épandage et nettoyage. Les journées de « ré-entrées », qui correspondent aux tâches effectuées dans le verger après un traitement, telles que l’ouverture et la fermeture des filets anti-grêle, la taille des arbres ou encore l’éclaircissage sont particulièrement suivies. « Ces journées sont souvent négligées, car on s’attend à ce que l’exposition soit négligeable par rapport à l’exposition lors des traitements. Mais c’est durant ces journées que les agriculteurs ne se protègent que très peu » nous dit Geoffroy. La période de récolte des pommes est également étudiée au cours de ce projet. Ils suivent 4 exploitations, avec 2 journées de traitements minimum par exploitation, des journées de « ré-entrées » type, donc 5 ou 6 travaux différents. Cela représente plus de 50 journées terrain par an.
 - L’unité ETBX (Irstea) va sur le terrain pour s’entretenir directement avec les pomiculteurs ou les chambres d’agricultures afin de mieux comprendre leurs modes de fonctionnement, comment ils sont équipés et les conditions de traitement (fréquence, quantité, etc.). Les résultats de ces entretiens sont essentiels pour connaitre le contexte et enrichir l’analyse des prélèvements.

Grâce à son fort côté chimie analytique en lien avec la santé, le projet CANEPA permet à Geoffroy d’évoluer et d’élargir son domaine de compétences et de découvrir un autre domaine que la chimie atmosphérique. Geoffroy souhaite aller plus loin, en effet il nous indique que tous les chercheurs associés au projet ont lancé une nouvelle campagne de terrain à l’été 2018. Elle a pour but de préciser leurs premières analyses par des études complémentaires (étude de l’exposition éventuelle par les filets et le feuillage, réalisation d’un suivi temporel sur une plus longue période, impact des conditions météorologiques, etc.)



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